En quoi serait bonne une discipline qui n'aurait rien de la vie ?
Elle doit y être perméable en tous points !
Elle doit rendre compte des jours et des nuits, donner un visage à des émotions vraies.
Elle doit servir à questionner.
Elle doit donner un sens à tout cela.
Elle doit apprendre à comprendre la vie.
Les disciplines artistiques servent à parler de la vie.
Alors, comment enseigner en en faisant abstraction ?
Pour enseigner, il faut donc s'intéresser à la vie des autres, c'est une donnée inévitable.
Sinon, il faudrait enseigner à des pierres ou à des robots.
L'ennui, c'est un peu que l'on ignore ce que l'on va trouver en s'adressant vraiment à ces figures abstraites que sont les élèves. Qu'ont-ils à révéler ? Qui sont-ils ?
En posant des questions, en suscitant la réflexion, l'enseignant pousse à révéler ou à mieux définir ces humanités. Parce que rien n'est encore sûr et que tout est à bâtir.
Je considère avec crainte les visages d'ambivalence.
D'un coup ils sont acquis, de l'autre, perdus.
Et qui sait vraiment qui sont derrière ces figures abstraites ?
Comment rendre l'enseignement vraiment signifiant ?
Comment lui faire passer la frontière de la discipline ?
J'exploite la vie, je pose des questions qui la touche même si j'ai un peu peur des réponses.
Sinon, je ferais mon art dans ma cloche de verre, je ferais l'art pour l'art,
et ce serait propre et ce serait gentil.
Mais...personne ne s'en souviendrait et nous n'obtiendrions pas de réponses.
Et ce que l'on veut, c'est des réponses !
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